Etre une femme…

Et avoir le droit de vote
De s’habiller comme on veut
De ne pas avoir à justifier sa tenue
Pouvoir sortir en toute sécurité dans la rue
Pouvoir conduire une voiture
Gagner autant que son binôme masculin
Être respectée 
Ne pas être sifflée 
Allaiter ou non
Être maman ou non
Pouvoir avorter & ne pas en mourir
Pouvoir s’épiler ou non
Pouvoir travailler quand on est une mère
Avoir autant de conquête qu’on veut
Avoir ses règles en toute tranquillité 
Pouvoir faire des études
Faire le métier de ses rêves
Et ne pas se faire harceler sur son lieu de travail
Ne pas avoir de compte à rendre
Ne pas vivre dans la peur

Beaucoup de ces choses ne sont pas possibles dans certains pays du monde, et certaines des actions citées ci-dessus restent encore compliquées en France.

En cette journée internationale des droits des femmes, je voulais parler de notre condition.
J’ai de la chance d’être une femme, d’être née dans un pays démocratique, celui où être une femme n’est pas mal vu. Celui où je peux être chef d’entreprise tout en étant maman. Et de pouvoir prendre mes propres décisions.
Et encore, il reste tellement de progrès à faire.
A l’heure où l’on débat sur un terme générique dans un formulaire administratif (!!!) on passe à côté de sujets plus importants.
– Comme le fait qu’une femme vient de décéder, assassinée par son ex mari violent, et qu’elle n’a jamais été protégée par la justice. Laissant derrière elle deux enfants qui se retrouvent privée de leur mère, tuée par leur père. C’est juste la 30ème depuis le début de l’année à tomber sous les coups de son conjoint. Et nous ne sommes que le 8 mars.
– Comme le fait que les femmes SDF sont des cibles faciles pour des violeurs, aggravant encore plus leur précarité.
– Comme le fait que des étudiantes précaires n’ont pas les moyens de s’acheter des protections périodiques*. Mais que les préservatifs commencent à être remboursés, eux.
– Que des jeunes mères se retrouvent à la rue avec leur bébé après avoir accouché.
– Que faire garder son enfant coûte cher, à défaut de structure municipales, obligeant certaines mères à faire le sacrifice de leur carrière et donc d’être dépendantes de leur conjoint pour vivre. Que se passe t-il quand il y a séparation ? Beaucoup se retrouvent à cumuler deux travails pour s’en sortir et aller aux restos du coeur pour donner à manger à leurs enfants.

Développons la sororité. Continuons à nous battre pour nos droits. Ne baissons jamais la garde.

A l’étranger, la situation est pire.
Une femme sur 3 dans le monde a subi des violences.
On tue des nouveaux nés car nées femelles.
On met de côté les filles quand elles ont leur règles ou on leur fait arrêter leurs études tout simplement.
Certaines sont mariées de force dès 10 ans avec des vieillards.
On continue d’exciser des fillettes qui n’ont rien demandé.
On commet des crimes d’honneur car la fille d’untel a tenue la main d’un garçon.
On lapide ou fouette des femmes car elles ont eu une relation hors mariage.
On leur jette de l’acide au visage car elles ont osé dire non, un jour, à un garçon.
On les viole en toute impunité, sans être inquiété par la justice.
On les traque par GPS au cas où elles veuillent s’enfuir du pays.
La liste est longue… le combat est loin d’être gagné.

C’est ensemble, on étant conscient de tout ce qui se passe autour de nous que nous pouvons faire changer les choses.
Même si cela prendra des années, voire des décennies. Ne jamais abandonner.

Développer la sororité. Ouvrir la porte aux hommes qui veulent faire changer les choses aussi, en évitant de mettre tout le monde dans le même panier. Non, all men are not trash.
Mon fils est petit mais c’est des valeurs féministes et bienveillantes que j’essaye de lui transmettre, pour qu’elles soient le plus naturel possible pour lui. Pour les générations futures.
En devenant maman d’un petit garçon, une pression supplémentaire s’abat sur vous pour qu’il soit un homme bien plus tard. C’est tout l’enjeu de l’éducation, et j’espère que nous réussirons à en faire un homme bien dans ses pompes, pour qui la femme est son égale. Sans « mais » qui suit derrière.

Je pars à NY toute la semaine prochaine pour discuter de ces sujets, dans un lieu emblématique. Si cela vous intéresse, vous pourrez suivre mes aventures sur Instagram story, et je ferai bien entendu un retour ici.

*merci à l’association « Les règles élémentaires » d’exister et de donner des protections périodiques aux personnes en situation de précarité

10 Commentaires

  1. Gaelle R
    8 mars 2019 / 8 h 42

    Merci pour ce magnifique texte,si reel encore aujourd’hui.
    On est en 2019 et on a l impression que ça ne bouge pas assez vite.
    Trop de femmes sont encore dans la détresse.

  2. Engrand
    8 mars 2019 / 8 h 59

    Bravo pour ton engagement !!! Bonne continuation comme ca !

  3. sophie
    8 mars 2019 / 10 h 26

    Merci pour ton engagement sans faille Emilie. Tu es sur tous les fronts, je t’admire pour ça ❤

  4. AMANDA03
    8 mars 2019 / 14 h 03

    C EST VRAI LES PETITS GARÇONS D AUJOURD’HUI SONT LES HOMMES DE DEMAIN…..
    JE FAIS PARTIE DE CES FEMMES QUI N OSENT PAS METTRE DE JUPE TROP COURTE OU DE CHEMISIER TROP TRANSPARENT CE QUI EST EN 2019 RÉELLEMENT NAVRANT JE TROUVE.
    ET J AI UNE DE MES MEILLEURES AMIES QUI A MIS DES MOIS A QUITTER UN CONJOINT VIOLENT CAR ELLE AVAIT PEUR DE NE PAS FAIRE FACE FINANCIÈREMENT AVEC SON FILS.
    JE N IMAGINE MÊME PAS LA CONDITION DE LA FEMME DANS D AUTRES PAYS ENTRE LES MARIAGES FORCÉS OU L ABSENCE DE DROITS FONDAMENTAUX.
    LA LUTTE DOIT CONTINUER…
    MERCI EMILIE

  5. Marine
    11 mars 2019 / 2 h 34

    super article Emilie, merci pour ton engagement et de te battre chaque jour pour la condition de la femme, merci d’en parler ! merci pour cet article qui donne la peche de bon matin 🙂

  6. 11 mars 2019 / 19 h 19

    La condition de la femme est loin d’être fini, dans certains pays on osent encore dire qu’une femme qui a ses règles est possédée comme au Moyen-âge, mais ils viendraient d’où tous ces hommes sinon?

  7. Emilie
    11 mars 2019 / 21 h 42

    Merci pour ce texte 🙂

  8. elise
    11 mars 2019 / 22 h 44

    Bonjour, je lis régulièrement ce blog et c’est la première fois que j’ai envie de commenter.
    Votre texte m’a touchée , il est très direct et fonce droit dans le coeur .
    Merci pour les sujets légers et pour les plus sérieux aussi.
    Elise

  9. Anju
    12 mars 2019 / 17 h 36

    Bravo pour ce texte..

    « On les lapide parce qu’elles ont commis un adultère, qui parfois était en fait un viol »..

    Pour avoir vécu en Afghanistan, on peut même pas parler de situation de la femme, car elle ne représente rien dans la société. Comme dans beaucoup trop d’endroits dans le monde, les fillettes sont vendues au plus offrant dès leur plus jeune âge.. bref, le combat est long , merci encore une fois de le faire vivre ici.

    • 18 mars 2019 / 13 h 42

      C’est tellement dingue d’imaginer une seule seconde que des femmes ne vivent pas dignement dans tout le monde entier… Je rêve du jour où tout ceci serait « le passé »…

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